La mécanique des fluides, un bar steampunk


Un bar avec une décoration Steampunk à Toulouse : ok mission acceptée!

Après la moto steampunk, je ne pensais pas m'atteler de si tôt à un gros projet mais les aléas de la vie font qu'on ne décide pas toujours de ce qui peut se présenter à nous.



Un jour proche de la fin de l'an 2013, j'ai reçu un mail de Florent Pradel, nouvellement propriétaire d'un bar Toulousain nommé "La Mécanique des fluides" et qui me proposait de refaire la décoration façon Steampunk.





A ce moment là, nous finissions les derniers détails du Crazy Garden avec mon ami et collègue Bruno Vitti. Le Crazy Garden était déjà un projet de bar en partie Steampunk et l'idée de continuer dans cette voie en allant encore plus loin nous a tenté.




Florent m'a laissé libre dans la conception : j'ai discuté avec lui pour savoir vers quoi il voulait aller, les choses à éviter et l'ambiance souhaitée.
Nous avons défini le travail à exécuter : il s'agissait de faire un ciel de bar pour le comptoir et d'habiller la façade à l'extérieur.

Le comptoir à l'origine
Nous sommes arrivés aux premières propositions de design, de matériaux, de couleurs, de matières... J'ai commencé quelques croquis sur papier puis, après plusieurs réunions avec Bruno, nous avons défini le concept final. Bruno a créé un plan 3D sous Sketchup pour avoir les cotes exactes et visualiser au mieux le projet terminé.



Après quelques semaines de conception et de prises d'infos, nous avons commandé les matériaux et commencé le chantier.
Nous devions faire un ciel de bar qui couvre le comptoir, une enseigne extérieure et une enseigne drapeau, tout ceci majoritairement en métal dans un style à la fois industriel et steampunk.

L'idée était de créer une sorte de machine vivante qui, telle une plante vivace, aurait colonisé l'espace de ses pousses. Ici les branches sont des tuyaux enchevêtrés. Nous avions également envie que ce soit ludique et fonctionnel. Ludique, avec des éléments que le client lui même pourra actionner, et fonctionnel, avec des rangements pour les fournitures du bar et une tireuse pour les rhums arrangés.

Nous avons utilisé deux anciennes cuves de compresseur que nous avons nettoyé, coupé, meulé... pour leur rendre un aspect métal brut. 

Ces cuves serviront de rangement à l’intérieur du bar tandis qu'elles seront les éléments principaux de décoration du ciel de bar vu de l'extérieur.





Entre ces deux cuves, il est prévu de mettre un caisson en bois cerclé de laiton ; ce caisson est uniquement à but décoratif, nous avons voulu qu'il participe à l'ambiance steampunk de la déco. De chaque coté, se trouveront des aquariums ainsi que des bulleurs dont certaines parties ont été faites à l'aide d'une imprimante 3D. Sur le devant, des engrenages qui s'activeront si un client appuie sur un bouton placé sur le bar. Ces différents systèmes sont reliés à un arduino qui crée des séquences aléatoires faisant buller d'un coté ou de l'autre et faisant tourner certains engrenages et pas d'autres.

On peut voir ici Pit le menuisier en train de monter le caisson en chêne.






Parallèlement, il a fallu trouver un maximum de pièces de métal de récup' pour accessoiriser et crédibiliser l'ensemble de la construction. Bruno, avec ses amis ferrailleurs, a trouvé bon nombre de pièces de récupération de vieilles usines ou de machines. Le souci, c'est que tout ça est couvert de rouille. Nous voulions donner un coté vintage mais pas urbex non plus, il fallait que le résultat ait l'air d'une vielle machine bien entretenue. 
Un gros travail de sablage des pièces a donc commencé : sur cette base "neuve", nous pouvions appliquer la patine voulue.



Cette étape a été une vraie torture qui m'a sans doute fait perdre quelques années d'espérance de vie, même avec les protections en place.


Les cuves sont placées sur une structure faite aux côtes du bar, ce qui va nous permettre de le construire en hauteur et de visualiser petit à petit le résultat.


Nous avons ensuite commencé les éléments de structure comme les pieds et les éléments de décoration. Pour donner un aspect vivant au bar, on a placé une lampe à plasma dans l'un des pieds : il a fallu créer le support qui allait l’accueillir.



Ci dessous, les brides qui vont nous servir à fixer les tubes d'acier entre eux.
Elles sont neuves et étincelantes. On les a meulées pour les décaper avant de les faire rouiller avec de l'eau salée, de l'acide, du vinaigre et tout ce qu'on a pu jeter dessus. Elles ont ensuite été re-poncées à la brosse métallique pour les nettoyer, enlever l’excédant de rouille de façon à ce qu'elles aient un aspect "vécu". 


"Acide sur les brides" : le nom de notre groupe de rap métaleu


Pendant que Bruno s'occupe du gros oeuvre avec les soudures d'acier et la structure...


... je commence les petits éléments de décoration qui seront fixés autour des cuves. Ici un support à verres en cuivre qui sera placé sous la grande cuve.




Ça avance petit à petit : les cuves s'ornent de tubes d'acier et de cuivre, on commence à voir le projet se dessiner.




12h12: Petite pause repas :
voici ce qui a constitué 80% de notre alimentation des repas de midi pendant les quelques mois de travail.



On reprend la déco et les détails plus fins commencent.
Ci-dessous la création d'un boitier avec deux cadrans de manomètres qui ont été patinés pour obtenir un aspect plus vécu. Le boitier est à l'origine un boitier d'interrupteur d'usine en métal qui a été modifié, j'y ai rajouté une plaque en chêne assortie au reste des boiseries sur laquelle les manomètres ont été intégrés. 



On attaque la troisième partie du ciel de bar qui se trouve à la dernière extrémité. 
On y a placé une cuve de vieille sulfateuse en cuivre. Le but est qu'arrivé à l'extrémité du comptoir, il n'y ait plus que de la petite tuyauterie comme si -après être passé dans différents tuyaux et cuves- le nectar est distillé et recueilli délicatement dans le dernier récipient.



Au bout, nous avons placé une plaque de métal sur laquelle sera collée une affiche type publicité de début de siècle. Merci à mes amis : Duke Phinéas Barton pour nous prêter sa tête et à Didier Jacquet pour la photo. 



Collés à la grande cuve, nous avons placé trois gros bocaux en verre, percés délicatement pour y placer des robinets. Ces bocaux accueilleront des rhum arrangés que le barman pourra servir grâce à une tireuse faite sur mesures.


Nous nous apercevrons plus tard que le cuivre n'est pas un matériau alimentaire et nous remplacerons les tuyaux par de l'inox. 


Pour la tireuse à rhum, Pit est en train de créer les poignées en poirier :


Je commence à m'occuper des lumières en confectionnant ce qui pourrait ressembler à des lampes anti-déflagrantes à l'aide de tôle perforée. A l'intérieur, seront placées des ampoules déco avec de gros filaments apparents. La grande ira sous le caisson en bois et les deux petites seront déportées au dessus de la salle. 


Pour la luminosité derrière le comptoir, nous avons utilisé d'anciennes lampes d'usine légèrement customisées pour se fondre dans le style général.


Au pied du comptoir, se trouvent des encarts dans lesquels nous allons mettre des plaques de chêne. Elles ont été découpées et travaillées à la défonceuse. Une couche de lasure acajou a été passée pour la teinte. Des coins en laiton seront ensuite cloués dessus.




On va maintenant attaquer une autre partie du travail : l'enseigne extérieure
On est parti sur l'idée de faire l'enseigne lumineuse dans un cylindre de façon à ce qu'avant même d'entrer dans le bar, les clients soient déjà dans l'ambiance. Elle doit ressembler à une cuve faisant la jonction entre les tuyaux de l'intérieur et de l'extérieur.
J'ai remanié le logo de la Mécanique des fluides sous Illustrator pour qu'il s'adapte à la taille de l'enseigne. Nous avons ensuite commandé la découpe laser de ce logo sur une plaque de métal



On a envoyé la plaque dans une usine qui nous l'a roulée ; nous avons fini à la main en plaçant des rivets au dos.


Pour les extrémités, Bruno a utilisé une bonbonne de gaz qu'il a fallu poncer, vider et découper pour en faire deux capots à riveter de chaque coté.


La voila avec les deux couvercles en attendant les autres étapes. 



C'est au tour de l'enseigne drapeau qui est sur le coté de la façade du bar. De la même manière que pour la grande enseigne, nous avons fait découper des plaques d'acier. 



Bruno s'est occupé de la conception de la structure du drapeau et a voulu faire les bords arrondis avec d'anciens extincteurs que nous avons découpé et poncés. 




La structure est pensée pour accueillir une plaque avec des rangées de LED pour l'allumage de l'enseigne.


Une fois les structures terminées, je me suis occupé de la peinture et du verni des plaques pour leur donner un aspect moins "inox" et plus "fonte" en faisant des ombres et éclaircies au pistolet à peinture.



Une des parties les plus galères du travail a été de thermoformer et maintenir une épaisse plaque de PVC rouge translucide à travers laquelle la lumière passera. Nous avons fait plusieurs tests et nous sommes engueulé plusieurs fois avant d'arriver à la bonne solution.


Les panneaux LED à glisser dans les enseignes sont terminés, ça fait de la lumière et c'est beau!


L'enseigne drapeau est terminée avec le PVC rouge et la plaque de LED à l'intérieur.


 Premier test d'allumage, ça fonctionne et à ce stade, ça fait plaisir de voir le début de la fin.


Quelques joints silicone à faire et les enseignes sont terminées! On les met de coté en attendant de les poser.



Revenons à l'intérieur :
Pour le ciel de bar, nous avons fait deux aquariums aux dimensions du caisson en bois dans lesquels a été placé un système de bulleur relié à des clapets fait en impression 3D. 



Pour le panneau avec les engrenages qui tournent, il a fallu faire un programme à base de moteurs et de cartes arduino. Lorsqu'un client appuie sur le bouton qui se trouve sur le comptoir, ça déclenche un programme qui va lancer aléatoirement la rotation des engrenages, l'allumage et bulles des aquariums.


Pour la face avant, les engrenages ont été imprimés en 3D puis patinés pour donner un coté vieilli.



La petite touche finale, la signature de tout ce travail : une petite plaque de laiton gravée avec nos noms. Elle sera rivetée sur la grande cuve.




Le travail est enfin terminé et voici quelques photos du bar tel que vous le verrez si vous allez y boire un verre :

 




















Florent Pradel vous attend à la Mécanique des Fluides, 1 place Riquet àa Toulouse et si vous venez de ma part, c'est Mojito à volonté!

4 commentaires:

  1. Super résultat et bravo pour tout ce travail !

    RépondreSupprimer
  2. Quel travail de titans ! C'est extraordinaire, comme je regrette de ne pas être sur Toulouse. Je partage ton article dès ce soir sur ma page FB, j'ai des amis toulousains qui vont être ra-vis !!! Encore félicitations :)

    RépondreSupprimer
  3. Moi qui cherchait un pub Steampunk...
    Superbe boulot! 2 ans, c'est ça? En tout cas, magnifique!

    RépondreSupprimer
  4. quel boulot !de très bonnes idées suivies d'un savoir-faire indéniable et le résultat démontre que cela valait vraiment le coup,c'est superbe,félicitations !

    RépondreSupprimer